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Noms de lieux * Anoioù lec'hioù

Noms de personnes * Anaoioù tud

Breizh

Bretagne

Bro-Sant-Malo

Pays de Saint-Malo

Evran * Evrann
pajenn bet digoret ar  15.09.2009 page ouverte le 15.09.2009

* forum du site Marikavel : Academia Celtica 

dernière mise à jour 22/01/2014 20:26:38

Définition : commune de la Bretagne historique, en Bro-Sant-Malo, pays-évêché de Saint-Malo.

Aujourd'hui dans la région économique dite 'de Bretagne', département des Côtes d'Armor; arrondissement de Dinan; chef-lieu de canton; sur la Rance, le Linon, et le canal d'Ille et Rance. Par les 4°19'4" de longitude Ouest, et par les 48°23'3" de latitude Nord.

Superficie :  2253 ha.

Population : 2600 'communiants' vers 1780; 4486 hab. vers 1860 (y compris ceux des Champs-Géraux); 4000 hab. en 1863; 4208 hab. en 1878; 4009 hab. en 1881; 1468 hab. en 1968; 1524 hab. en 1978; 1610 hab. en 1990;  

Armoiries; blason

* Régis de Saint-Jouan : "Evran porte pour armes d'azur à dix billettes d'argent, posées 4, ", 2, 1. Ce sont les armes de la maison de Beaumanoir, telles qu'elles figurent sur un sceau de 1379. Elles avaient été peintes vers 1885 dans la salle du Conseil général de l'ancienne préfecture".

* Editions Flohic (1998) : "ce sont les armes de la famille de Beaumanoir, où figurent fleurs de lis et léopards, en mémoire du traité de paix signé à Evran en 1363 entre Français et Anglais".

* Froger-Pressensé (2008) : "d'hermine, au chef parti : d'azur à trois fleurs de lys d'or et de gueules à trois léopards d'or l'un sur l'autre; au cœur, un écusson d'azur à dix billettes d'argent posées 4, 3, 2, 1".

En chef, armes de France et d'Angleterre en souvenir de la paix signée à Evran en 1363. L'écusson est une brisure des armes des Beaumanoir (Evran est le berceau de cette illustre famille).

Paroisse : église sous le vocable de saint Pierre et saint Paul

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extrait de Anne-Marie Rouanet-Liesenfelt : La civilisation des Riedones. figure 13, page 52

Frontière occidentale des Riedones, au Ier siècle

Histoire :

* Ogée (1780) : Evran; sur la rivière de Linnon, et sur la route de Rennes à Dinan, à 6 lieues 1/2 de Saint-Malo, son évêché [aujourd'hui Saint-Brieuc]; à 8 lieues de Rennes et à 2 lieue de Dinan, sa subdélégation et son ressort. Le roi possède plusieurs fiefs dans cette paroisse, qui compte 2600 communiants, dont la plupart sont tisserands, excellents menuisiers et bons maçons. La cure est présentée par un religieux de Léon. Son territoire est abondant en grains , foins, lins et pâturages; c'est un pays plat, à quelques vallons près. On y voit le bois de Bouvray, d'environ une lieue de circuit, et celui de Trigoux, d'environ une demi-lieue; et beaucoup de landes qui feraient le bien-être des habitants si elles étaient défrichées. Ces landes sont fameuses dans l'histoire de Charles de Blois et du comte de Montfort, qui s'y donnèrent rendez-vous pour décider leur querelle par une bataille. En 1198 , il s'éleva entre le prieur de Léhon, près Dinan, et Robert de Broons, une contestation au sujet des dîmes d'Evran. Robert les déposa entre les mains de Pierre Giraud, évêque d'Aleth ou Saint-Malo, qui les donna aux moines du prieuré de Léhon. L'antique château de Beaumanoir*, maison seigneuriale d'Evran, a haute, moyenne et basse-justice. Il appartenait, en 1200 ,à Hervé de Beaumanoir, un des principaux seigneurs de Bretagne qui s'assemblèrent pour tirer vengeance de l'assassinat commis par Jean-Sans-Terre, en la personne d'Artur, son neveu et duc de Bretagne, leur souverain. Hervé de Beaumanoir, qui a savamment écrit sur la jurisprudence, s'explique ainsi, au chapitre 22 , à l'occasion de la corvée des chemins : «Les seigneurs, dit-il, nommaient les commissaires pour faire la levée sur les gens de la campagne; les gentilshommes étaient contraints par les comtes à la contribution des grands chemins, ainsi que les gens d'église par les évêques. » (Voy. les Codes romains.) En 1351, Jean Chevalier, seigneur de Beaumanoir, avait une compagnie de quatre chevaliers, vingt-huit écuyers et trente archers au service de Jean, roi de France. Ce seigneur était maréchal de Bretagne, et commanda les Bretons à la bataille des Trente, donnée le 27 mars 1351. ( Voy. la croix Helléan. ) II avait épousé Marie de Dinan, dont il eut plusieurs enfants. Robert de Beaumanoir, son troisième fils, commença la branche des vicomtes du Besso, marquis de Lavardin. Jean de Beaumanoir, seigneur du Bois-Billi, quatrième petit-fils de ce dernier, épousa Marie Briboulle, dame de Lavardin, dans le Maine; en 1595, Henri IV le fit maréchal de France et chevalier de ses ordres. Henri-Charles, son frère, lieutenant-général en Bretagne, épousa Marie d'Albert de Luines, et en secondes noces Louise de Noailles. Il eut deux fils : le premier, nommé Claude-Philibert-Emmanuel, fut évêque du Mans; et le deuxième, Jean-Baptiste, fut évêque de Rennes en 1677. La postérité masculine de Jean de Beaumanoir s'éteignit par la mort d'Emnanuel-Henri, marquis de Lavardin, qui fut tué n 1703, à la bataille de Spire. La terre de Beaumanoir appartient présentement à M. le président de l'Angle de Beaumanoir. L'an 1352 Bertrand Duguesclin, connétable de France, fut attaqué près d'Evran par un corps de troupes anglaises. Le grand guerrier, quoique peu accompagné, se défendit long-temps; mais il fut obligé de céder au nombre, et fut fait prisonnier de guerre par Robin Adar, capitaine anglais. Les habitants révèrent encore ce champ de bataille, au point qu'ils ne veulent pas y faire passer la charrue, par respect pour ceux qui y perdirent la vie et qui y furent enterrés*. En 1363, il fut fait, à Evran , entre Charles de Blois et le comte de Montfort, un traité par lequel il était décidé que le duché de Bretagne devait être partagé en deux portions égales. Il fut signé et scellé des sceaux des prélats, barons et seigneurs du parti des deux princes. Ce traité n'eut pas lieu, parce que Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois, ne voulut pas consentir à cet arrangement. Les maisons nobles sont : le château de Champ-Savoy, haute, moyenne et basse-justice, qui, depuis l'an 1346, a toujours appartenu aux seigneurs Grignard de Champ-Savoy; les Champs-Géreaux, haute-justice, à M. de Lanjamet; l'Invelan, haute, moyenne et basse-justice, à M. de Clauvière [Clouriviere] Picot; le Mottay, moyenne-justice, à M. Chanchart [Chauchart]d'Argentel; la Chapronais, moyenne-justice, à M. de la Reignerais; Crechenaut et la Loudouère, à N.....

On trouve dans plusieurs cantons, aux environs du bourg, des pétrifications de fossiles et des pierres formées des débris de coquillages de mer, et nommées de Saint-Juval [Saint-Juvat].

* Marteville et Varin (1843) : EVRAN (sous l'invocation de saint Pierre ); commune formée de l'anc. par. de ce nom, aujourd'hui cure de 2è classe; chef-lieu de perception; bureau de poste. (V. le Supplément pour tous les documents cadastraux.) >>> L'église d'Evran est de plusieurs époques; évidemment trop petite dans l'origine, elle a été agrandie à plusieurs reprises. Le chœur est du style du XIV siècle; mais si l'on considère que généralement l'architecture de notre pays est de cent ans en arrière, on attribuera cette partie de l'église au XV siècle. L'aile gauche est de 1821; l'aile droite est de 1828; la tour est de 1774. — Après la Révolution, Saint-Judoce avait été réuni à Evran; ces deux communes ont été séparées en 1803, époque à laquelle Saint-Judoce fut érigé en paroisse succursale. — Outre l'église, il y avait autrefois en Evran les chapelles de la Touche, du Mottay, des Champs-Géraux, de la Haute-Rivière , de Coaquen, de Beaumauoir, de la Daviais, de la Falaise, de la Lande du Rouvray, de Bélineu et de Champ-Savoy. A l'exception des chapelles du Motlay, de la Touche et des Champs-Géraux, toutes sont détruites on employées à des usages profanes. De ces trois chapelles, les deux premières ne servent qu'en des cas particuliers; mais la messe est célébrée chaque dimanche aux Champs-Géraux. — Le bourg d'Evran, situé autrefois près du Linnon, est aujourd'hui sur le canal d'llle-et-Rance; la route départementale de Rennes à Dinan le traverse. — Les maisons remarquables d'Evran sont : le château de Beaumanoir, le Mottay, la Haute Rivière.— Le château actuel de Beaumanoir n'est pas, selon toute apparence, celui qui appartint à Jean de Beaumanoir. Il porte en effet les dates de 1628 et 1030, et l'on pense qu'il a remplacé l'ancien château, dont on voit des ruines à environ 300 m. de celui-ci. D'un autre côté, il est présumable qu'il y avait en Evran deux familles ou deux châteaux du nom de Beaumanoir; car la réformation de 1513 cite, 1° le lieu de Beaumanoir, a Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant; 2° un autre lieu de Beaumanoir, appartenant à Charles de Beaumanoir, seigneur du Besso. Chacun des deux châteaux appartenait-il à une des familles ? — Le sablon de Saint-Juvat, dont parlé Ogée, a reçu ce nom parce que les premiers gisements ont été découverts dans cette commune; mais il y a aussi en Evran des dépôts considérables de ce calcaire coquillier. Depuis quelques années, un propriétaire qui a fait faire d'immenses progrès à l'agriculture de cette contrée, M. de Lorgeril, a dirigé l'attention des cultivateurs sur ce sablon, et en a obtenu des résultats incalculables; car il paraît agir eu même temps comme engrais et comme amendement. — Le prix de ce précieux sablon est aujourd'hui de 18 fr. les 8 m. cubes pris sur la place. Les transports, ne pouvant se faire généralement que par charrettes, augmentent de beaucoup le prix de revient; mais on assure que les terres sur lesquelles on le dépose dans une proportion de 32 m. cubes par hectare doublent littéralement de valeur.— Un projet existe pour construire un canal qui mette en communication les carrières de sablon avec le canal d'Ille-et-Rance. — Une des industries du pays est la fabrication d'une espèce de gâteau qu'on appelle à Dinan cimero, et à Rennes bageul;.Le village des Champs-Géraux est le principal centre de cette petite industrie.— Il y a aussi à Evran une tannerie.— La commune fait des exportations de bois de chauffage et de construction pour Rennes et pour Saint Malo , mais notamment pour cette dernière ville.— La partie nord est très accidentée, et présente plusieurs points de vue vraiment remarquables. — Il y a foire le 22 juillet. — Marché le mardi. — Hervé Beaumanoir, auteur qui a écrit, dans le XV siècle, sur la jurisprudence, et notamment un ouvrage intitulé : « Les Codes romains,» était né à Evran. — Le fait rapporté par Ogée, sous la date de 1352, n'est pas consigné dans tous les auteurs qui ont écrit la vie de Duguesclin, mais il est cité par Hay du Chastelet (p. 15), Toutefois, au lieu de nommer Robin Adar l'Anglais auquel le chevalier se rendit, cet auteur le nomme Rolin Adas. Lequel des deux se trompe ? Nous croyons que c'est Haydu Chastelet : Robin Adar n'est-il pas le héros de la fameuse ballade écossaise dont le refrain célèbre est : " What are you not, etc.". Cependant Ogée fait erreur en qualifiant Bertrand Duguesclin connétable de France : quand la rencontre de 1351 eut lieu, Duguesclin n'était même pas encore armé chevalier; car il ne le fut qu'en 1354, à Montmuran. — M. de Lorgeril a signalé dans le bois de Coaquen l'existence d'un monument druidique sous lequel a été trouvée une médaille d'une époque de beaucoup postérieure à celle où ce culte a disparu de la Bretagne. — Géologie : constitution généralement schisteuse. Schiste exploité comme ardoise.—Archéologie : dom Morice, Preuves, t. I, col. 43; t. II, col. 13, 317, 318..— Albert de Morlaix, 465, 489, 595. — On parle le français.

* Bernard Tanguy : "Si aujourd'hui la configuration en forme de champignon du territoire d'Evran paraît curieuse, elle l'était encore bien plus avant que ne lui soit enlevée en 1934, pour former la commune des Champs-Géraux, sa partie nord : elle approchait les 12 km du nord au sud mais avec un pédicule méridional n'excédant pas 2,5 km de large. A l'origine de celui-ci, il y a la création à ses dépens des paroisses de Saint-Judoce et de Saint-André-des-Eaux, relevant du diocèse de Dol.

Jusqu'en 1840 et 1844, celles-ci possédèrent des enclaves dans le territoire d'Evran, qui lui-même en avait dans ces paroisses. Dans un premier temps, en 1840, Evran céda à Saint-André-des-Eaux le village de Penhouët et les prés de Bétineuc au sud de la Rance et du Guinefort, en échange de l'enclave formée par les villages de Saint-René, de La Garenne et des Rompais. Puis, en 1844, Evran céda à Saint-Judoce une enclave comprenant les villages de La Morlais et de Pont-Téniac et une partie d'enclave englobant les villages de La Cour-aux-Moines, du Champ-Siran, de Champsavoy, de La Rue, du Tertre, du Courtil-Melot et des Champs-Brunet, en échange des villages du Bout-du-Pont, de La Ricollais, du Champ-Hervé, du Champ-Berthelot, de Beauvais, de Guibourg, du Gordon-Blanc, du Haut-Breil et de La Garde ainsi que de l'enclave du Haut-Rufflay.

Outre ces deux paroisses, celle d'Evran dut également englober originellement celle de Calorguen, avec laquelle elle a une limite artificielle, approchant les 6 700 ha. On peut penser, étant donné sa taille, qu'il s'agit d'une paroisse ancienne, peut-être d'origine gallo-romaine. Son chef-lieu, établi sur le Linon au passage de la voie romaine de Rennes à Corseul, porte, même s'il laisse place à une double possibilité d'interprétation, un nom gaulois".

* Maires d'Evran  : MMrs : VANNIER, LE FORESTIER; NOUAZE; PIEDEVACHE; FOUERE; MICHEL; HARDY du Bignon; J.M. CHAUCHART; J.P. CHAUCHART du Mottay; ROYER de Linclays; MARTEVILLE; SEVOY; ARRIBART; GANACHAS; de LANGLE; ROUER du Linclays, de LAVIE; ... liste arrêtée en 1860.en attente de la suite.

Le traité des Landes d'Evran; 1363

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* Ogée (1780) : p. 144, colonne 1 : "L'an 1359, le duc de Lancastre moyenna une trêve entre Charles de Blois et le comte de Montfort, et quitta la Bretagne pour se rendre auprès du roi d'Angleterre, qui venait d'entrer en France avec une armée. Ce monarque donna alors le gouvernement de Bretagne à Robert de Herlé et à Jean de Bukingham.

L'année suivante les hostilités furent suspendues en Bretagne par le traité de Bretigni, où les rois de France et d'Angleterre convinrent d'arranger à l'amiable les prétentions des deux comtes. Ils comparurent devant ces monarques, qui leur proposèrent de partager leur duché; mais ils refusèrent les conditions, et la guerre recommença avec plus de vivacité que jamais. Ces deux rois n'y voulurent prendre aucune part, et permirent seulement à leurs sujets de s'y engager. Cette permission grossit considérablement les armées des deux partis.

L'an 1363, Charles de Blois entra en campagne, prit plusieurs places, et assiégeait Bécherel, lorsque le comte de Montfort accourut avec ses troupes, assiégea Charles dans, son camp, et le força de lever le siège. Il fut convenu que les deux armées se rendraient dans les landes d'Evran, pour y terminer la guerre par une bataille décisive. On s'y rendit effectivement de part et d'autre, et les deux armées étaient sur le point d'en venir aux mains, lorsque les évêques qui s'y trouvaient moyennèrent un accommodement. Le traité portait que la Bretagne serait partagée entre les deux comtes, de façon que Charles de Blois aurait le comté de Rennes, et Montfort le comté de Nantes; et qu'au surplus ils s'en rapporteraient au jugement des rois de France et d'Angleterre. Mais le moment de la tranquillité de la Bretagne n'était pas encore arrivé; l'épouse de Charles désapprouva le traité (1), et empêcha son mari de le ratifier au jour marqué. Les otages furent aussitôt rendus, et la guerre fut continuée.

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(1) « Je vous avais épousé, dit Jeanne de Penthièvre à Charles, pour défendre mon héritage et non pour en céder la moitié. Je ne suis qu'une femme, mais je perdrais plutôt la vie, et deux si je les avais, que de consentir à une pareille cession. Ces reproches déterminèrent Charles à tergiverser sur l'exécution du traité, qu'il commença à enfreindre, en ne remettant pas la place de Nantes, comme il en était convenu : aussi Montfort eut-il lieu d'accuser sa bonne foi.                                          M....C.

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* Pitre-Chevalier (1844), p. 403-404  : "Sur ces entrefaites, Edouard et Jean signèrent le traité de Brétigny (1560). Le roi de France livrait pour sa rançon Montreuil et Calais, le Limousin, le Poitou, la Saintonge, l'Aunis, l'Angoumois, le Périgord, le Rouergue, le Quercy, l'Agenais et le Bigorre. En revanche, le roi d'Angleterre renonçait à la Normandie, à l'Anjou, au Maine, à la Touraine, et à la Bretagne. Quant à la guerre de succession, les deux rois se déclaraient arbitres entre Blois et Montfort. Mais s'ils ne pouvaient les mettre d'accord, — curieuse dérision ! — « ils demeuraient libres de les aider comme devant, sans se brouiller entre eux-mêmes. » En tout cas l'hommage de la Bretagne resterait à la France.

Une pareille paix n'était bonne qu'à rallumer la guerre. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver. Après les vaines conférences de Calais et de Saint-Omer, les deux partis bretons se remirent à raser les châteaux et à brûler les villages. Jean de Montfort, qui conduisait pour la première fois ses affaires, se montra digne du nom qu'il portait. Charles de Blois ayant fait prendre Carhaix par Du Guesclin, et mis le siège devant Becherel, le jeune comte accourut avec son frère d'armes, Olivier de Clisson, dont la renommée commençait à balancer celle de Du Guesclin. Ses autres capitaines étaient du Chastel, Trésiguidy, Cadoudal, Chandos, Knolle, Herpedane, Gauthier Huet,-etc.—Contre-assiégé par ces redoutables champions, et privé de vivres et de fourrages, Charles de Blois proposa de jouer la couronne de Bretagne dans les plaines d'Evran. Déjà les deux armées étaient en présence et allaient sonner la charge, lorsque les évêques bretons jetèrent entre les épées nues leurs bâtons de pasteurs, et décidèrent les deux rivaux à se partager la province à l'amiable : à Montfort Nantes, et à Blois Rennes. Toux deux, chose étrange, y consentirent. La paix était signée et jurée sur l'Évangile, les otages donnés de part et d'autre; on n'attendait plus que la ratification de Jeanne de Penthièvre (1363).

Mais lorsque cette femme altière apprit qu'on lui enlevait la moitié de la Bretagne : « Tout ou rien ! s'écria-t-elle, plutôt me mettre en pièces que de diviser ma Bretagne! « Et elle commença maintenant d'être fort en colère , disant franchement que ledict de Bloys, son mary, faisait trop bon marché de ce qui n'estoit pas à luy, et qu'il n'y alloit rien du sien; et lui écrivit, et remanda : Qu'elle l'avoit prié de deffendre son héritage, comme il devoit, parce qu'il en valoit la peine, et que tant de gens de bien y estoient morts à soustenir son droict, et tant de sang espandu; qu'il ne devoit pas avoir mis en arbitrage chose si propre à elle, et laissée par ses prédécesseurs, ayant les armes au poing pour prendre la raison de ceux ausquels il ne touchoit guère de leur honneur. La fin de la lettre fut : Et bien vous ferez ce qu'il vous plaira, je ne suis qu'une femme et ne puis mieux, mais plustost j'y perdrois la vie, et deux si je les avois, que d'avoir consenti à chose si reprochable à la honte des miens et de ceux qui s'en ressentiront un jour, quoy que vous en pensiez faire. Et avec ces paroles se mist à pleurer; ce que voyant, le porteur des lettres en fist son rapport. »

Charles de Blois demeura « fort confus et triste, » mais il se soumit aux volontés de sa femme, et la guerre recommença (1364).

Archéologie. Patrimoine :

Le Bourg Ar bourg
Église saint Pierre Iliz sant Per
Oratoire de la Croix-Bigot  
Château du Mottay (XVIè, XIXè)  
Château de Beaumanoir (1628)

près des ruines de l'ancien château.

Monument historique. Propriété du département des Côtes d'Armor

 
Château de Pont-Cadeuc  
Château du Vau-Gré  
Manoir de la Garde. Colombier  
Manoir de l'Aumône  
Manoir de la Roche-Leau  
Manoir de la Touche  

Étymologie :

* Albert Dauzat et Charles Rostaing (1963-1978) : "variante probable d'Ebron (ebur-one), ou Eburo-dunum; v. Evron (Falc'hun)"

* Jean-Yves Le Moing (1990) : 

* Bernard Tanguy (1992) : "Eccl.S.Petri de Ivram, 1156; Ivran, mil.XIIè s.; Euuram, 1162; eccl. Beati Petri de Evran, 1181; Evran, 1182, 1187; Ewram, v. 1196; Euvran, Evran, 1213; Evran, 1258, v. 1330; gallo Evran".

On peut penser, étant donné sa taille, qu'il s'agit d'une paroisse ancienne, peut-être d'origine gallo-romaine. Son chef-lieu, établi sur le Linon au passage de la voie romaine de Rennes à Corseul, porte, même s'il laisse place à une double possibilité d'interprétation, un nom gaulois".

Il peut en effet, soit remonter à un gaulois *Equoranda, soit à un dérivé ou à un composé formé avec le gaulois eburos "if". Dans le premier cas, il serait formé d'un terme *equo- de sens incertain ("eau", pour les uns, "juste" pour d'autres) et de randa, "limite", terme auquel correspond le vieux-breton rann "lot de terre". Considéré comme un équivalent du latin fines, d'où procède Feins (I.-et-V), *Equo-randa est à l'origine d'Aigurande (Indre), Eygurande (Corr.), Iguerande (S.-et-L.), Ingrandes (Indre; I.-et-L.; M.-et-L.; Vienne), Ingrannes (Loiret), Ygrandes (Allier), mais aussi d'Yvrandes (Orne). Evran serait une variante en évolution bretonne de ce dernier. Comme le village d'Yvrande, en Saint-Laurent-de-Terregatte (Manche), au nord de Saint-Georges-de-Reintembault (I.-et-V.), placé à la frontière des peuplades gauloises des Unelles et des Redones, il devrait son nom à sa situation sur la limite ancienne entre Redones et Coriosolites.

Cependant, l'existence au nord-ouest de Betton (I.-et-V), d'un village d'Evran, mentionné comme manoir au XVIe siècle, dont la situation est sans rapport avec une ancienne limite territoriale, rend tout aussi vraisemblable un dérivé du gaulois eburos "if", peut-être même, dans le cas présent, si on tient compte des graphies Ewram, d'un composé formé comme Bram (Aude), avec ce mot et le gaulois magos "marché". Les formes anciennes sont trop tardives pour permettre de trancher.

Le nom d'Evran n'apparaît, en effet, dans les documents qu'au XIIè siècle. On voit notamment, en 1156, l'évêque de Saint-Malo confirmer au prieur du monastère de Léhon la possession de l'église Saint-Pierre d'Ivran. C'est sous la forme Ewram que le nom se rencontre dans une charte apocryphe de 1182 énumérant les biens des Templiers — un village de l'Hôpital existait au sud du bourg — et dans une charte des environs de 1196, en faveur de l'abbaye de la Vieuville, mentionnant un certain Hugues de Ewram, père de Geffroy, mentionné, quant à lui en 1213 (Gaufridus de Ewran alias de Evran).

* Éditions Flohic (1998) : "soit du gaulois equo-, eau ou juste, et randa, limite, soit du gaulois eburo, if".

* Hervé Abalain (2000) : 

* Daniel Delattre (2004) : 

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Commentaire JCE : compte tenu de la position d'Evran, au confluent de la rance et du linon, à la frontière antique des Riedones et des Curiosolites (voir carte d'A.M. Rouanet-Liesenfelt), on a tout lieu d'envisager une étymologie en equo-randa = point de frontière sur une rivière.

Personnes connues Tud brudet
Robert de Beaumanoir

maréchal de Bretagne pour le compte de Charles de Blois

Fait prisonnier par las Anglais à la bataille de La Roche-Derrien, en 1347

 
Jean III de Beaumanoir

maréchal de Bretagne; ambassadeur de Charles de Blois.

 
Jean IV de Beaumanoir

maréchal de Bretagne; 

capitaine des chevaliers bretons du parti de Charles de Blois au Combat des Trente (1351)

 
Hervé de Beaumanoir

auteur d'un ouvrage, en 1472, intitulé les Codes romains.

 

 
Louis-Joseph-Théophile, marquis de Langle-Beaumanoir

Sous-préfet de Quimperlé, de 1838 à 1842; Député du Finistère de 1842 à 1846; Conseiller général des Côtes du Nord, de 1848 à 1852.

Evran, 11.04.1802 / Paris, 1878

 
Tristan-Louis-Anne, marquis de Langle-Beaumanoir

Officier de marine; sous-préfet de Cholet 1867; sous-préfet de Coutances, 1870; préfet des Côtes du Nord, 1877; sénateur des Côtes du Nord, 1885

1828 / 1895

 
Jean de Broons  
Mr l'abbé Le Borgne

vicaire général du diocèse; décédé en 1847

 
Victor Douceré

Evêque titulaire de Torénuthis et vicaire apostolique des Nouvelles-Hébrides, sacré le 10 juillet 1904.

3.04.1857 / 12.05.1939

 
Auguste Haouisée

coadjuteur de l'évêque de Nankin, sacré le 3.10.1928; vicaire apostolique de Changhai.

Ier.10.1877 / Shanghai, 08.09.1948

 
Olivier Cauchard  

Vie associative Buhez dre ar gevredadoù
   

Communes du canton d'Evran Kumunioù kanton Evrann
Evran Evrann
Le Quiou    
Les Champs-Géraux    
Plouasne    
Saint-André-des-Eaux    
Saint-Judoce    
Saint-Juvat    
Tréfumel    

Communes limitrophes d'Evran Parrezioù tro war dro Evran
Les Champs-Géraux Saint-Solen Saint-Judoce Saint-Hélen Le Quiou Saint-André-des-Eaux Calorguen Saint-André des Eaux Tressaint

Sources; Bibliographie :

* OGEE : Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne; vers 1780; 

* MM. A. MARTEVILLE et P. VARIN, continuateurs et correcteurs d'Ogée. 1843.

* PITRE-CHEVALIER : La Bretagne ancienne et moderne. Coquebert. 1844. Réédition les Editions du Choletais. 1989.

* Anonyme : Dictionnaire des communes des Côtes du Nord. vers 1860. 

* M.N BOUILLET : Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Hachette et Cie. paris. 1863.

* Adolphe JOANNE : Dictionnaire des communes du département des Côtes du Nord. Hachette. 1878.

* Adolphe JOANNE : Département des Côtes du Nord. Hachette. 1881.

* Albert DAUZAT et Charles ROSTAING : Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France. Librairie Larousse, 1963; Librairie Guénégaud; 1978.  

* Éditions Albin-Michel : Dictionnaire Meyrat. Dictionnaire national des communes de France. 1970.

* Michel de la TORRE : Guide de l'art et de la nature. Côtes du Nord. Berger-Levrault Editeur. 1978 / Nathan. 1985.

* Régis de SAINT-JOUAN : Dictionnaire des communes . Département des Côtes d'Armor. Éléments d'histoire et d'archéologie. Conseil Général des Côtes d'Armor. Saint-Brieuc. 1990.

* Jean-Yves Le Moing : Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne. Coop-Breizh. 1990.

* Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d'Armor. Chasse-Marée. Ar Men. 1992.

* Éditions Flohic : Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor.  1998.

* Hervé ABALAIN : Les noms de lieux bretons. Universels Gisserot. 2000.

* Daniel DELATTRE : Les Côtes d'Armor. Les 372 communes. Éditions Delattre. 2004.

* Michel FROGER et Michel PRESSENSE : Armorial des communes des Côtes d'Armor et Ille et Vilaine. 2008.

Liens électroniques des autres sites traitant d'Evran / *Evrann

* lien communal : 

* forum du site Marikavel : Academia Celtica

* solidarité nationale bretonne avec le département de Loire Atlantique : Loire-Atlantique

* pour le blason d'Evran : dessins JC Even sur logiciel Genhéral5. 

* Introduction musicale de cette page : Bro Goz Ma Zadoù, hymne national breton, au lien direct : http://limaillet.free.fr/MP3s/BroGoz.mp3

hast buan, ma mignonig, karantez vras am eus evidout vas vite, mon petit ami, je t'aime beaucoup

go fast, my little friend, I love you very much

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