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Chapitre XVIII

Les Jutes, les Saxons, les Angles

(compte tenu de la matière à traiter, ce chapitre est publié en chapitres séparés)

(utiliser les liens)

 

            1. Dégradation de la situation. Appel des Bretons aux mercenaires barbares.

            Malgré les succès de Cunedda à l'ouest contre les Irlandais, la situation générale de la Bretagne ne cesse de se détériorer petit à petit.

            Une quinzaine d'années après la bataille de l'Alléluia, Vortigern se trouve une nouvelle fois confronté à une coalition de Pictes et de Scots sur les frontières du nord. 

            Pour essayer d'endiguer ce nouvel assaut des Bretons barbares, les Britto-romains font appel au patrice Aetius, à qui Rome a confié la responsabilité de la défense de l'Occident. Mais celui-ci est déjà bien trop occupé à essayer de contenir les Huns d'Attila qu'il lui est impossible d'intervenir en même temps dans l'Ile. Du reste, il ne renvoie même pas dans l'Ile les Britto-romains installés en Gaule armoricaine, et qui combattent à ses côtés sous le nom de Letavii. (1)

            Vortigern se tourne alors vers de nouveaux alliés, les jutes, installés au nord de la Germanie, dans la presqu'île danoise. Ceux-ci, répondant à l'appel, arrivent en Bretagne en 449/450, près de Rutupiae / Richborough, sous le commandement des deux frères Hengist et Horsa.(2)

 

Pegwell Bay, lieu d'arrivée des Jutes, se trouve juste en dessous de Ramsgate

Extrait de AA Touring Map of London and the South East

Rutupiae / Richborough, le forteresse de la Legio II Augusta, se trouve juste en-dessous, de l'autre côté de la River Stour, au nord de Sandwich (Sando-vicus = le village des grèves).

Pour agrandir la carte, activer le lien ci-dessous

 Pegwell Bay

            Cette alliance porte ses fruits à merveille, et ensemble Britto-romains et Jutes parviennent à refouler à nouveau les Pictes et les Scots hors de la Bretagne romaine. Cette alliance victorieuse est ensuite concrétisée par le mariage de Vortigern avec la fille du chef Hengist (3). En plus, à titre de paiement pour leurs bons et loyaux services, les Jutes reçoivent du chef breton l'autorisation de s'installer dans l'île de Thanet, située à l'extrémité sud-est de la Bretagne, et de l'exploiter à leur libre convenance. (4)

 

Reconstitution d'un drakkar

Photographie A. Salmon Ltd, Sevenoaks, 

pour Musée de Pegwell Bay; Ramsgate

         Une personne cependant ne trouve pas cette alliance à son goût, c'est l'évêque Germain d'Auxerre, et il ne manque pas d'en faire le reproche à Vortigern. En effet, outre le fait que Vortigern a pour son mariage répudié son ancienne épouse, une britto-romaine chrétienne, ces Barbares sont aussi païens, et ils finissent par prendre avec le temps l'habitude de faire venir à Thanet en nombre de plus en plus croissant leurs familles et alliés restés en germanie. (5)

            Germain, évêque chrétien et romain, ne peut accepter de voir ainsi remettre en cause sa victoire de 429 sur le paganisme. 

            Gagnés par l'inquiétude, les chefs britto-romains dont alors savoir à Hengist et Horsa qu'ils ne peuvent accepter un tel afflux de population, prétextant qu'il leur est devenu impossible d'assurer des vivres et des habillements pour tous, et insistent pour que les nouveaux arrivants repartent de Bretagne au plus tôt. (6)

            Mais Vortigern se voit alors pris au piège d'un dilemme personnel, car cette affaire de caractère national se double pour lui d'une querelle familiale, étant comme on l'a vu le propre gendre du chef jute

notes du paragraphe 1

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