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Noms de lieux * Anvioù lec'hioù

Noms de personnes * Anvioù tud

Breizh

Bretagne

 

Bro hag eskopti Sant-Maloù

Pays-évêché de Saint-Malo

  La Croix-Hellean

*Ar Groez-Hlean

 

pajenn bet digoret ar 27.10.2018 page ouverte le 27.10.2018     * forum du site Marikavel : Academia Celtica  dernière mise à jour 28/08/2025 20:30:18

Définition / Displegadur : Commune de la Bretagne historique, en Pays-évêché de Saint-Malo.

Aujourd'hui dans la région économique non historique dite "de Bretagne"; département du Morbihan; arrondissement de Pontivy; canton de Josselin; sur ***

Superficie :  ha.

Population : 1200 'communiants' vers 1780 y compris ceux de sa trève Helléan; 580 hab. en 1968; 

Armoiries; blason / Ardamezioù; skoed

 

Paroisse / Parrez : église sous le vocable de 

Histoire / Istor:

* Ogée (1780) : 


La Croix-Helléan; à. 18 lieues au S.-S.-O. de Saint-Malo, son évêché; à 13 lieues  3/4 de Rennes, et à 3/4 de lieue de Josselin, sa subdélégation. Cette paroisse ressortit au siège royal de Ploërmel, et compte 1200 communiants,
y compris ceux de Helléan*, sa trève. La cure est présentée par l'abbé de Saint-Jean-des-Prés. Son territoire est presque tout en landes, dont le sol ne paraît pas excellent. Le pays est couvert dans les parties en labour. On y fait du cidre. La Croix-Helléan est fameuse par la bataille des Trente, si célèbre dans les annales
bretonnes. Ce morceau d'histoire fait trop d'honneur à la nation pour le passer sous silence.

Le comte de Montfort, compétiteur de Charles de Blois, avait demandé du secours au roi d'Angleterre, qui lui avait envoyé des troupes commandées par des capitaines expérimentés. Ces Anglais remplissaient la Bretagne de meurtres et de désolation, et les gentilshommes bretons cherchaient avec empressement l'occasion
de leur rendre tous les maux qu'ils faisaient à leur patrie. Thomas d'Ageworth, général anglais, qui avait fait prisonnier Charles de Blois à la bataille de la Roche-Derien, au mois de juin 1347, fut attaqué, en 1350 , à peu de distance de la ville d'Aurai, par le capitaine Cahours, qui avait avec lui cent vingt soldats. Ce dernier remporta la victoire, et passa au fil de l'épée le général anglais et cent hommes qui l'accompagnaient. La mort de d'Ageworth irrita les Anglais, et surtout Richard Brembro, commandant de Ploërmel, qui, pour venger la mort de son
ami, ordonna à ses troupes de sortir de Ploërmel, de piller et ravager les  campagnes , et de faire tout le mal possible aux habitants. Cet ordre ne fut que trop fidèlement exécuté. Ces étrangers barbares se répandirent dans les environs, et traitèrent avec la dernière rigueur, non seulement les gentilshommes et les gens de guerre qui leur tombaient sous la main, mais encore les voyageurs, les  laboureurs, les femmes et les enfants, victimes innocentes, exposées sans défense à la férocité d'un ennemi cruel. La noblesse bretonne, indignée de ce procédé, résolut de punir les coupables. Le seigneur de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, héros cher à l'humanité, qui commandait à Josselin pour Charles de Blois , fit demander un sauf-conduit à Brembro et l'obtint. Il se rendit sur-le-champ à Ploërmel, fit à cet Anglais les plus vifs reproches sur la conduite lâche qu'il tenait,
et lui demanda fièrement raison de toutes les hostilités faites, pendant la trève, contre les lois de l'honneur et le droit des gens.

L'Anglais ne peut entendre ce discours sans colère, et répliqua sur le même ton : "J'admire, dit-il, qu'un Breton ose accuser un Anglais de lâcheté! Quel est celui de votre nation qui s'est jamais rendu célèbre dans les armes? Les Anglais, au  contraire , ont rempli l'univers de leurs hauts faits, et méritent le premier pas entre
toutes les nations du monde pour la valeur et le courage." La dispute s'échauffa, et les deux capitaines s'aigrissaient de plus en plus l'un contre l'autre, lorsque Beaumanoir s'avisa d'un expédient pour décider tout d'un coup la querelle. Il lui proposa un combat d'un certain nombre d'Anglais contre un nombre égal de Bretons. Le défi fut accepté et le nombre fixé à trente. Les deux chefs jurèrent de se trouver au Chêne de Mi-Voie, dans des landes situées sur le chemin de Josselin à Ploërmel.

Beaumanoir, de retour à Josselin , raconta aux officiers de sa garnison ce qui venait de se passer entre lui et Brembro. Ils furent enchantés de trouver une si belle occasion de se signaler, et voulaient tous être du nombre des combattants; mais la quantité était fixée, et l'on ne put satisfaire l'empressement de ces généreux chevaliers. Beaumanoir en prit vingt-neuf, avec lesquels il se rendit, au jour et à la minute marqués, à l'endroit désigné. C'était le 27 mars 1351, nouveau style, le quatrième dimanche de Carême. Brembro se trouva aussi au rendez-vous; mais il y montra moins de fierté qu'à Ploërmel : il parut même vouloir éviter le combat, et fit mille raisonnements pour persuader aux Bretons qu'il ne leur convenait pas de sacrifier leur vie pour des intérêts particuliers, et qu”ils se devaient à la patrie et au prince qui se reposait sur eux de la défense de ses États. Mais Beaumanoir, qui avait pris son parti, lui dit nettement qu'il n'en serait pas quitte à si bon marché, et que les Bretons n'étaient pas venus là impunément. Brembro vit bien alors qu'il n'était plus possible de reculer, et disposa ses vingt-neuf chevaliers. Les Bretons en firent autant, et la bataille commença. Le choc fut si violent, que cinq des Bretons furent d'abord mis hors de combat. Les vingt-cinq qui restaient furent un peu ébranlés : ils ne craignaient pas la mort; mais ils craignaient pour l'honneur de la nation dont ils étaient comme les dépositaires, et qu'ils allaient perdre s'ils ne remportaient la victoire. Beaumanoir, que ce motif élevait au dessus de lui-même, les encouragea, et ils se battirent avec une ardeur que rien ne put réprimer. Après des faits d'armes héroïques, on convint, de part et d'autre, de se reposer pour prendre haleine et se rafraîchir. La trève ne dura que quelques minutes, et le combat recommença avec plus de fureur que jamais. Brembro, qui croyait que s'il pouvait parvenir à désarmer le chef, la victoire ne balancerait pas long-temps, courut à Beaumanoir, l'attaqua avec impétuosité, et le somma de se rendre, en lui disant qu'il lui sauvera la vie; mais, dans l'instant même, Brembro reçut deux coups qui l'étendirent mort sur le champ de bataille. Cependant Beaumanoir était blessé; le sang qui coulait de ses plaies et l'ardeur du combat lui causèrent une soif extrême : il se retira un instant pour demandera boire. On dit que Geoffroi du Bois, l'ayant aperçu, lui cria : Beaumanoir, bois ton sang, la soif se passera. Ces paroles terribles firent une si vive impression sur le héros, qu'il rentra aussitôt dans la mêlée. Jusque là les Anglais s'étaient tenus serrés, et avaient, parce moyen, résisté avec plus d'avantage. Guillaume de Montauban sortit tout-à-coup des rangs, comme s'il eût voulu prendre la fuite. Beaumanoir, qui l'aperçut, lui cria : Lâche , il le sera reproché à toi et à ta race. Montauban lui répartit : Fais bien de ton côte, je ne te manquerai pas; et sur-le-champ il pousse son cheval au travers des Anglais, les enfonce, les renverse et fraie le chemin aux Bretons, qui pénètrent dans les rangs ennemis. Dès lors, ce ne fut plus qu'un massacre : tous les Anglais furent tués ou pris.

Plusieurs gentilshommes avaient obtenu des sauf-conduits pour se trouver à ce combat, qui se donna à une lieue et demie de Ploërmel, et à une lieue de Josselin, dans l'endroit où est actuellement une croix de pierre qui a environ quatre pieds de hauteur, et que l`on appelle la Croix de la Bataille des Trente. Elle est au bord
de la route de Josselin à Ploërmel.

Noms des chevaliers bretons qui combattirent à la Bataille des Trente, sous le commandement du maréchal de Beaumanoir.

De Tinténiac l'aîné et de Tinténiac le cadet, Gui de Rochefort, Yves Charuel (il fut blessé), Rollin Raguenel, Caro de Bodegat , Huon de Saint-Yvon, Guillaume de Montauban, Louis de Goyon, Geoffroi de la Roche , Geoffroi de Beaucorps, Tristan de Pestivien (il fut blessé), Alain de Kerannaiz [Keranrais] (il renversa
Brembro d'un coup de lance qu'il lui donna dans le visage), Geoffroi du Bois (il tua Bremhro d'un coup d'épée), Olivier Arrel, Olivier de Kerannaiz [Keranrais], Guyon de Pont-Blanc , Geoffroi Mellon (tué au commencement du combat), Maurice et Gêlin de Tranguidi [de Troguindy, ou Troziguidy], Philippe et Jean Fontenai, Geoffroi Poulard (il fut tué), Guillaume de la Lande , Olivier de Monteville, Simon Bichard , Guillaume de la Marche, Jean de Serent, et Maurice Duparc (1)

Ce combat se fit à pied et à cheval , disent les historiens, avec des armes de toute espèce, des épées, des lances , des maillets de fer, etc. Sur la croix qui est dans l'endroit ou se donna la bataille est gravée l'inscription suivante :

A la mémoire perpétuelle de la Bataille des Trente, que Mgr. le maréchal de Beaumanoir a gagnée dans ce lieu, l'an 1350.

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(1) Voir plus bas cette liste rétablie par nous et augmentée de celle des chevaliers et écuyers anglais.
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Je crois devoir ajouter à cet article quelques observations sur ce combat. On les doit à M. de Pommereul, capitaine au corps royal d'artillerie, et elles sont extraites d'un manuscrit intitulé : Fragments historiques sur plusieurs villes de Bretagne.

« On m'accusera peut-être de témérité, en me voyant combattre l'opinion généralement reçue sur le combat des Trente; mais on n'est point téméraire pour rejeter certains miracles attribués à un saint par d'ignorants légendaires, quand d'ailleurs on convient que ce saint en a fait d'autres. Si l'on pouvait croire que je prends quelque plaisir à détruire un trophée élevé à la gloire de ma nation, on serait injuste envers moi. J'ai seulement pensé que le respect que j'ai pour ma patrie ne pouvait me faire oublier celui que je dois à la vérité. Quelque honorable
que soit pour les Bretons le combat des Trente , le récit qu'en font leurs historiens fait naître des doutes qu'on ne peut se dissimuler, et qu'aucun d'eux n'a cherché à éclaircir. Quand on écrit pour le peuple, beaucoup de gens sont persuadés qu'il vaut mieux lui conter des fables capables de lui inspirer du courage , que de lui dire des vérités qui ne l'honorent pas. Mais quand et où écrit-on pour le peuple ? Je ne parle ici qu'aux hommes éclairés qui n'ont pas besoin des sentiments factices qu'on cherche souvent à lui donner, et surtout à ceux qui, osant préférer la
vérité à tout, croient qu'un historien doit être, non l'adulateur de sa nation, mais son juge impartial et sévère.

Les objections qu'on fait contre le combat des Trente méritent, par leur importance, qu'on s'applique à les réfuter; les voici :

1° Les historiens anglais (au moins que je sache) ne font nulle part mention de ce combat; et il est très-surprenant qu'ils gardent un tel silence sur un fait de guerre unique et honorable pour les Anglais; car on peut être vaincu et sortir du combat avec gloire.

2° Les historiens bretons ne l'ont connu que par un manuscrit composé plus d'un siècle après l'événement (en 1470), et dont l'auteur n'a pu être instruit que par une tradition déjà éloignée.

3° On ne peut citer à l'appui de ce combat les historiens modernes. Tous ont servilement copié les écrivains bretons; et la multitude de leurs témoignages se réduit toujours à l'autorité qu'on doit donner au manuscrit mentionné ci-dessus.

La première de ces objections ferait presque douter de la réalité du combat; la seconde en rend l'histoire au moins très-suspecte.

En vain dirait-on que la croix élevée dans le champ de bataille et son inscription sont des preuves que le combat a réellement ou lieu : rien ne serait moins convaincant; il faudrait remonter à l'origine de cette croix, à sa première érection. Celle qui subsiste est certainement d'une date très-postérieure à l'époque du 
combat : il resterait donc à prouver qu'elle n'a fait que succéder à une plus ancienne , dont les inscriptions , et leurs caractères surtout, attestaient l'antiquité et démontraient que le combat et son érection étaient deux événements
contemporains. Si ces preuves, si ces motifs de crédibilité nous manquent, ne pourra-t-on pas dire : Quand le public eut connaissance du manuscrit qui apprenait ce singulier fait d'armes, l'admiration qu'il excita donna naissance à cette croix; et, devant son origine à une tradition orale, elle aura perpétué cette tradition par son
existence même : on se sera ensuite permis d'y ajouter; car1'histoire ne dit point qu'on ait enterré les Anglais morts dans le combat, et le peuple montre aujourd'hui, prés du champ de bataille , le lieu de leur sépulture , qu'il nomme le Champ des Anglais. Si les Bretons tués à cette journée furent enterrés à Josselin , comme cela
est vraisemblable , les Anglais pouvaient l'être à Ploërmel. Ils étaient alors très-catholiques , et on sait combien , dans ce temps, les funérailles et le choix du lieu de la sépulture étaient une chose importante. Comment, si près d'une terre
bénite, les eût-on laissés reposer dans une terre profane ?

Cependant, en voulant bien admettre, sur la foi des historiens bretons , la réalité du combat des Trente, pourrait-on ne pas s'apercevoir qu'il ne résulte du récit qu'ils en font qu'un chaos d'incertitudes, les unes propres à confirmer les doutes sur l'existence du combat, les autres capables de ternir la gloire des combattants bretons ? Selon ces historiens, il parait que de part et d'autre on combattit sur un seul rang. Cependant , suivez attentivement leur récit, et vous serez tenté de croire que les Anglais étaient sur plusieurs hommes de profondeur.

Les Trente combattirent-ils sur un ou plusieurs rangs ? Premier doute. Les Trente étaient armés de pied en cap, c'est-à-dire, selon les notions communes, chargés de casques, de cuirasses , de brassards, etc. Avec cette armure si pesante, il semble qu'ils ont combattu à pied, ce qui est sinon impossible, au moins fort difficile et un peu incroyable. Le seul d'Argentré dit avoir lu, dans une vieille chronique en vers,
que les Trente combattirent à cheval. Mais d'après cette chronique (dont il aurait dû désigner la date, soit antérieure, soit postérieure au manuscrit de 1470), et d'après les difficultés qu'il a entrevues, il ne décide point la question.

Les Trente combattirent-ils à pied ou à cheval ? Second doute. Les chevaliers avaient le privilège et l'habitude, excepté peut-être dans les duels en champ clos, de ne vider leur querelle qu'à cheval. Jusqu'alors ils n'avaient combattu que de cette manière, et cet usage se perpétua très-long-temps après cette époque. Il est
donc pour le moins vraisemblable qu'au combat des Trente les chevaliers se battirent à cheval. Cette vraisemblance acquiert un nouveau degré de force, quand on voit les historiens convenir qu'on s`y servit d'armes dont un homme de pied ne pouvait faire usage. Faut-il embrasser une opinion mixte ? Supposons que de part
et d'autre les chevaliers combattirent à cheval et les écuyers à pied : puisque les historiens nous disent aussi qu'on fit usage d'armes dont un homme à cheval n'aurait pu se servir, il restera toujours à savoir si les chevaliers étaient en nombre égal des deux côtés, et c'est ce qu'ils n'ont pas voulu nous apprendre.

Les chevaliers et les écuyers étaient-ils en nombre égal des deux cotés au combat des Trente ? Les premiers combattirent-ils à cheval et les seconds à pied ? Troisième et quatrième doutes.

S'il y avait moins de chevaliers parmi les Anglais que parmi les Bretons , et que cette espèce de combattants fût à cheval, la partie n'était pas égale pour les Anglais , et la gloire des Bretons en serait bien amoindrie, comme elle serait fort augmentée dans le sens inverse de cette supposition.

Mais que dire enfin de l'écuyer Montauban , qui quitte le combat, monte un cheval, vient toute bride se jeter au milieu des Anglais, en renverse huit, et décide ainsi la victoire en faveur des Bretons ? Montauban était a pied, puisqu`il quitte le combat pour prendre un cheval (observation qui prouve seule que tous les combattants de part et d'autre n'étaient pas à cheval). Dans la supposition la plus vraisemblable et la plus favorable aux deux partis, dans celle ou les chevaliers, en nombre égal des deux côtés, combattent à cheval et les écuyers à pied; dans cette supposition, dis-je, Montauban, simple écuyer, faisait-il une belle action en se je-
tant à cheval sur les fantassins anglais ? Car, puisqu'il en renversa huit, c'était des gens de pied; on ne démonte pas, on ne culbute pas ainsi huit cavaliers. Cependant c'est à cette manœuvre, que je laisse à mes lecteurs le soin de qualifier, que les Bretons durent la victoire.

Quelques écrivains, auxquels la ruse de Montauban donnait des scrupules, ont avancé trop gratuitement qu'on était convenu , de part et d'autre, qu'il combattrait à cheval. Cette prétention est absurde. Supposez tous les Anglais à pied : ils  n'étaient pas assez maladroits ou assez téméraires pour consentir à un pareil accord. Supposez-les partie à pied, partie à cheval : vous n'y gagnez rien ; il eût toujours été trop imprudent d'accéder à ce que les Bretons eussent un cavalier de plus qu'eux. Au reste, le fait dément cette ridicule assertion. Si Montauban avait eu
la permission de combattre à cheval, il en aurait usé dès le commencement de la bataille, et il ne s'en avise que vers la fin. Admirez maintenant, si vous le pouvez, le discernement du dessinateur d'après qui on a gravé le combat des Trente, pour en orner l'histoire de Bretagne. Il met à pied tous les champions de cette journée,
  et regarde l'action de Montauban comme si noble et si belle, qu'il ne manque pas d'en faire le principal personnage de son tableau, où on le voit montant à cheval pour venir rompre la bataille. Ne reprochons cependant pas trop à ce dessinateur une faute qui est bien moins la sienne que celle du vieux chroniqueur qui a le
premier fourni le sujet de cette gravure , et de tous les historiens copistes qui l'ont suivi. Pour être bien sûr de la vérité de ce point si fameux de notre histoire, il faut d'abord prouver que les deux premières objections que j'ai rapportées n'ont ni force ni fondement; il faut ensuite donner la solution de tous les doutes que j'ai
énoncés, je pense, avec clarté : alors on pourra croire que le combat des Trente a eu lieu, et surtout que cette action s'est passée très-exactement de la manière dont les historiens la rapportent; alors on pourra mettre un prix à l'action de Montauban; alors on pourra décerner une couronne aux Bretons; alors ce combat
des Trente ne sera plus un véritable problème historique, que les historiens de Bretagne ont peut-être résolu trop légèrement en faveur de leurs compatriotes. Mais il sera permis de douter jusque là, sinon de la réalité du combat, du moins de la description qu'en ont faite tous les historiens.

››Et voilà justement comme on écrit l'histoire.

"Un officier d'un mérite et d'un nom distingués, qui pourrait paraître avec éclat dans nos Académies comme dans nos camps (M. le vicomte de Toustain-Richebourg, major de cavalerie), proposa, dans un ouvrage publié en 1772, d'élever un monument dans le champ de bataille des Trente, à la place de la croix plus que mesquine qui sert à en retracer la mémoire (1).

›› On ne peut qu'applaudir à cette idée d'un citoyen que le souvenir d'une belle action enflamme; mais, en convenant avec lui qu'on doit consacrer la mémoire des héros et de leurs grandes actions, quelque effet que fit sur l'âme des Bretons un pareil monument, quelque désir de gloire qu'il leur inspirât, je voudrais avant
tout qu'il fût mérité; que le fait sur lequel il s'appuierait fût d'une vérité  incontestable, et si généralement trouvé tel, qu'un étranger n'eût pas le droit de dire, en venant l'admirer, qu'on a consacré des fables en Bretagne, comme si les
annales ne lui fournissaient pas des vérités honorables. Sur ce monument, cet officier proposait de sculpter une hermine terrassant un léopard, emblème relatif aux armes de Bretagne et d'Angleterre.

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(1) Elle était tombée en 1775, et sans les soins de M. d'Aumont, commissaire des États de Bretagne, on ne l'eût peut-etre pas relevée. Sur ses demandes, la  commission intermédiaire l'autorisa à la faire rétablir. Il fit replacer à sa base la pierre qui contient l'inscription, et la commission voulut bien faire payer par la province les frais de cette restauration, qui coûta 211 livres 6 sous, et fut faite en 1776.

(Note de la 1re édition.

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››Un autre officier (l'auteur de cet écrit), non moins zélé pour la gloire de son pays, proposa de substituer à ce groupe allégorique la Bretagne personnifiée, terrassant un léopard et le perçant d'un javelot. Il crut voir plus de noblesse dans cette dernière image, quoiqu'il ne fut, pour de bonnes raisons , nullement content de l'un et l'autre emblème. Cependant il se trouva dans la capitale de la province un graveur (M. Ollivaut) qui saisit cette dernière idée, et depuis on l'a vue gravée et publique. L'auteur du premier projet sembla même l'adopter, puisqu'en 1774 il en proposa l'exécution aux États de Bretagne. Cette Assemblée, n'ayant encore
élevé de statues qu'à nos rois , ne rejeta point, mais n'admit pas cette proposition. Il fallut en venir à publier et ouvrir une souscription, afin d'exécuter par ce moyen un projet qu'une assemblée de citoyens aurait dû chérir. On ne saurait trop s'étonner que cette souscription , ouverte du consentement des États, n'ait pu se
trouver remplie. Des seigneurs riches, et qui portent le nom que plusieurs des combattants de cette journée ont honoré, avaient le plus pressant intérêt à ce qu'elle le fût. Pourquoi ne pas élever eux-mêmes ce monument à leurs frais ? Que pourraient-ils craindre? D'être taxés de vaine gloire, parce qu'ils auraient fait l'apothéose de leurs ancêtres ? Mais on oublie ce sentiment injurieux, et on s'illustre en célébrant leur mémoire par un hommage public, également honorable pour les héros qui le reçoivent et pour les descendants de ces héros qui le rendent.

››Encore un mot sur ce monument. Si l'on adopte quelque jour le projet de M. le vicomte de Toustain, je désirerais qu'aux inscriptions latines qu'il propose on en substituât de françaises. Toute inscription publique doit parler au peuple, et le peuple n'entend pas la langue des Romains. Le peu de respect qu'il montre pour
les monuments vient peut-être de ce qu'il ne sait jamais ce qu'ils signifient. Une inscription latine manque donc essentiellement son objet. Je conviendrai que le génie de cette langue se prête mieux au style lapidaire; mais la nôtre ne s'y refuse pas, et nous en avons d'excellentes preuves. Il est plus difficile de faire de bonnes
inscriptions en français qu'en latin. Tant mieux : on en hasardera moins de  médiocres, et les anciens nous en ont trop laissé de ce genre. Une difficulté de plus à surmonter augmentera la gloire de celui qui l`aura vaincue, et le plaisir
de ses admirateurs. 

›› P. S. Je crois devoir prévenir mes lecteurs que mes doutes sur la réalité du combat des Trente ne sont que des doutes et non une négative absolue. Comme je ne suis pas difficile en matière de preuves historiques, mon opinion est même, vu la multitude des probabilités qui se réunissent en faveur de ce combat, qu'il a eu lieu; mais je persiste à croire que nous ignorons la manière dont il s'est passé, et  que ce problème historique ne sera éclairci que quand les lumières que je sollicite
nous auront montré que les combattants étaient ou à pied ou à cheval. Or, Montauban n'était pas à cheval quand il quitta le combat pour aller en monter un; et les huit combattants qu'il renverse, soit qu'ils fussent sur un ou deux rangs,
n'étaient pas à cheval. Les conjectures offrent ici un champ bien vaste; mais ce n'est pas avec des conjectures qu'on éclaircira nos doutes »

Observations de M. le vicomte de Toustain-Richebourg, sur les réflexions de M.  de Pommereut concernant le combat des Trente.

« Avant que nous eussions l'honneur de connaître personnellement M. de   Pommereut, il nous a fait la politesse de nous communiquer l'écrit dans lequel il répand des nuages non seulement sur le détail et les circonstances du combat des Trente, mais sur la réalité même de cet événement. Sur un point d'histoire aussi intéressant pour la chevalerie bretonne en général, et pour quantité de familles en particulier, nous rapporterons sommairement quelques idées dont la lecture, jointe à celle de la dissertation de M. de Pommereut, mettra le public en état d'en juger.

›› 1° Nous pensons, avec cet estimable antagoniste, que l'erreur n'est bonne à rien, et que tout écrivain doit etre spécialement animé de l'amour et de la recherche du vrai. Mais le même sentiment, le même devoir qui lui prescrit de ne pas taire certaines vérités humiliantes et fâcheuses pour ses compatriotes, lui défendra-t-il d'en révéler, d'en soutenir quelques-unes d'honorables et douces ? Quels peuples, quels hommes écriraient ou liraient l'histoire, s'ils n'y rencontraient jamais aucun sujet d'encouragement ou de consolation ?

›› Qu'importe à la certitude du fait dont il s'agit, le silence de la plupart des auteurs anglais ? On sait qu'avant les Hume, les Robertson et un très-petit nombre d'autres très-modernes, nuls historiens, pas même les Espagnols, n'étaient, autant
que ceux de cette nation, sujets aux infidélités, à l'injustice, à la partialité, aux fourbes réticences, aux malignes conjectures. Larrey, Rapin-Thoiras, leurs  historiens les plus estimés, les plus lus, étaient des Français ulcérés contre leur
patrie. Smolett, leur plus récent raconteur national, ne serait pas supportable aux lecteurs instruits et dénués de préventions, sans quelques notes du traducteur, M. Tage, propres à relever les mensonges du texte.

» 2° Cette pièce de l'an 1470 n'était pas le seul ancien manuscrit, puisque d'Argentré connaissait une autre vieille chronique en vers. La différence ou variété des listes prouve la multiplicité des relations. Il ne serait pas étonnant que rien n'eût été transmis ou publié sous les contemporains. Combien de faits ne sont imprimés, consignés, écrits presque nulle part, précise-
1
1















* Marteville et Varin (1843) : 

Patrimoine. Archéologie / Glad. Arkeologiezh

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Le bourg Ar bourg
Église Iliz

Étymologie / Gerdarzh

Personnes connues Tud brudet
   

Armorial * Ardamezeg

     
    Keradreux, ou Caradreux de Quélen  
    Seigneurs dudit lieu et des Aulnays, en Lanouée; du Brail-Hay en Saint-Gilles; de Saint-Malo en Plöermel; de la Fontaine, en Mohon; de la Voillemoysan en la Croix-Helléan

"d'argent à trois léopards d'azur"

"en arc'hant e dri leonparzh en glazur"

références et montres de 1440 à 1513

(PPC)

ramage de Porhoët

seigneurs dudit lieu, du Plessis-Monteville, et de Tréganteuc, en Guégon; de la Villebouquay, en Ploërmel; du Quilliou, en Ménéac; de la Villegourdan et de la Villecadoret, en Guéhenno; de Caussade, en Quercy; duc de la Vauguyon et pair de France en 1758; prince de Carency; baron de Tonneins; seigneur de Saint-Mégrin; vidame de Sarlat

"d'argent à trois feuilles de houx de sinople"

"en arc'hant, e deir delienn kelen c'heotet"

sceau : siell 1380

devise / ger-ardamez

Advise

références et ontres de 1426 à 1513

(PPC)

 

 

Vie associative Buhez dre ar gevredadoù
   

Communes du canton de Josselin / Joczelein Parrezioù kanton *Josilin 
La Croix-Helléan   *Ar Groez-Helean
Cruguel   *Krugell
Les Forges   *Ar Govelioù
La Grée-Saint-Laurent   *Ar C'rav-Sant-Laorañs
Guégon   *Gwegon
Guillac   *Gillieg
Helléan   *Helean
Josselin / Joczelein *Josilin
Lanouée *Lannoez
Quily   *Killi
Saint-Servant-sur-Oust   *Sant-Servan-an-Oud

Communes limitrophes de la Croix-Helléan

Kumunioù tro war dro Ar Groez-Helean

               

Sources; Bibliographie / Eien; Levrlennadur :

* OGEE : Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne; vers 1780; 

* A. MARTEVILLE et P. VARIN, vérificateurs et correcteurs d'Ogée. 1843.

* Dictionnaire MEYRAT : Dictionnaire national des communes de France. (année 1968). Editions Albin-Michel Paris. 1970

* Jean-Yves LE MOING : Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne. Coop Breizh. 1990

* Erwan VALLERIE : Diazezoù studi istorel an anvioù-parrez * Corpus * Traité de toponymie historique de la Bretagne. An Here. 1995

Liens électroniques des sites Internet traitant de la Croix-Hellean

* lien communal : 

  pajenn Wikipedia brezhonek :

* forum du site Marikavel : Academia Celtica

* Autres pages de l'encyclopédie Marikavel.org pouvant être liées à la présente :

http://marikavel.org/heraldique/bretagne-familles/accueil.htm

http://marikavel.org/broceliande/broceliande.htm

* solidarité nationale bretonne avec le département de Loire Atlantique : Loire-Atlantique

* sauf indication contraire, l'ensemble des blasons figurant sur cette page ont été dessinés par J.C Even, sur bases de GenHerald 5.

* Introduction musicale de cette page : Bro Goz Ma Zadoù, hymne national breton, au lien direct : http://limaillet.free.fr/MP3s/BroGoz.mp3

hast buan, ma mignonig, karantez vras am eus evidout va vite, mon petit ami, je t'aime beaucoup

go fast, my little friend, I love you very much

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